Qu’en est-il de l’insertion des jeunes diplômés dans le monde du travail ?

Les jeunes diplômés sont déclassés sur le marché du travail actuel, selon le dernier rapport du Centre d’études et de recherches sur les qualifications (Céreq), basé sur vingt années d’analyse du marché concernant l’insertion des jeunes en France.

© : keek.fr

Entre 1992 et 2010, le centre a suivi l’entrée dans la vie active de six générations de jeunes diplômés des années 1992, 1998, 2001, 2004, 2007 et 2010. Une enquête a ensuite été faite auprès de chaque groupe au bout de quelques années sur le marché du travail (trois ans, cinq, sept, et jusqu’à dix ans).

Et le constat est là : ces dernières années, le nombre de jeunes du niveau Bac +5 qui rencontrent des difficultés à décrocher un poste correspondant à leur niveau de diplôme augmente. Arrivés au moment de la crise, non seulement ils se placent moins bien et moins rapidement, mais gagnent moins que les générations précédentes.

Si l’on compare les générations d’actifs 1998 et 2004, par exemple, on constate que les aînés qui possédaient une licence pouvaient prétendre à une position de cadre, alors que leurs benjamins sont moins nombreux à avoir cette chance. En 2004, 80 % des sortants des écoles de commerce ont dû attendre sept ans avant d’accéder à un poste de cadre contre 90 % pour la génération 1998.

Force est de conclure que le mode d’insertion des diplômés a changé. Outre une période de prospection rallongée, ils doivent souvent enchaîner les petits boulots et CDD avant d’obtenir un CDI. Ainsi, 20 % des titulaires d’un M1 de la génération 2004 passent en moyenne trois ans en CDD, soit +6 % par rapport à ceux de 1998.

Par ailleurs, ces dernières années, la rémunération moyenne des sortants des écoles de commerce et ingénieurs a baissé. En 2004, elle se situe à 1 900 € mensuels après trois ans d’activité quand elle atteignait 2 010 € en 1998. L’augmentation non plus ne s’est pas faite au même rythme : les +20 % enregistrés en quatre ans pour la génération 1998 est passée à 11 ù seulement pour celle de 2004.

De leur côté, les jeunes actifs titulaires d’un diplôme bac +2 et bac+3 s’en sortent mieux. Pour la génération 2007, ils ne sont ainsi « que » 20 % à être déclassés chez les Bac + 3, contre plus de 30 % chez les Bac + 5.

De là pour les jeunes à conclure que faire de longues études ne fait plus recette, il n’y a qu’un pas que les sociologues ne veulent pas franchir. D’une part, le diplôme reste toujours une protection efficace contre le chômage. Pour preuve, le taux de chômage chez les diplômés est resté stable entre 1998 et 2004 alors qu’il a enregistré un boum dans les catégories des non-diplômés et diplômés du secondaire.

De l’autre, même si le processus d’insertion professionnelle est plus long, la situation ne dure pas ; de manière générale, au bout de trois ans, le pourcentage de jeunes sortis en 2004 avec un bac +5 ayant trouvé un emploi dépasse 90 %.

Pour plus de statistiques sur l’emploi, rendez-vous sur le site de l’Insee.

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