Qu’en est-il de l’emploi à Marseille ?

Le marché du travail à Marseille est caractérisé par une grande opacité. En début d’année, ses défaillances ont fait l’objet d’un article du quotidien Le Monde. Néanmoins, des solutions existent.

Pour comprendre le fonctionnement du secteur, il faut savoir que le tissu économique marseillais se compose pour une très large part de Très Petites Entreprises. Et une des caractéristiques de ces structures est que l’entrepreneur possède rarement toutes les compétences du parfait dirigeant, notamment en matière de gestion des ressources humaines.

Résultat, le capital humain est géré sans professionnalisme. Aucune prévision n’est établie pour les besoins en compétences, même à court terme, et lorsque la main d’œuvre est requise, le recrutement est effectué sans formalisme : absence de diffusion d’offres d’emploi, des postes pourvus uniquement par le biais des réseaux personnels et professionnels, et aucun processus établi pour l’accueil et l’intégration des nouveaux arrivants.

Les conséquences sont un taux de rotation très élevé des salariés, dont les employeurs déplorent l’inadaptation tandis que les intermédiaires, dont les conseillers de Pôle emploi, sont accusés d’incompétence.
Dans le but de réduire significativement cette opacité qui affecte autant les entreprises que les demandeurs d’emploi, un effort doit être fourni par tous les acteurs du marché.

Du côté des acteurs publics et consulaires du territoire, des moyens doivent être déployés pour apporter l’assistance aux Très Petites Entreprises depuis la définition et la formalisation de leurs besoins jusqu’à la mise en place de procédures d’accueil et d’intégration, en passant par des embauches plus efficientes.

Par ailleurs, les petites entreprises doivent bénéficier des politiques d’emploi locales, et malgré l’ampleur et la complexité de la tâche, les professionnels du terrain doivent leur consacrer plus de temps. Pour cela, non seulement des effectifs supplémentaires s’avèrent indispensables, mais leurs compétences en matière de conseil et d’accompagnement des entreprises requièrent un renforcement.

Hors du cadre des qualifications et des procédures, les travailleurs sont pénalisés par les problèmes de mobilité posés par la superficie du territoire marseillais, notamment pour les postes industriels, la majorité des sites de production étant situés dans la périphérie.

De l’autre côté, les entrepreneurs ont intérêt à admettre leurs propres torts en particulier ce processus de recrutement bâclé et à faire confiance aux intermédiaires, qui disposent des capacités qui leur font défaut, et ont justement la vocation de les accompagner.

De manière générale, le maximum de barrières aux interactions entre l’offre et la demande doit être levé pour diminuer le volume d’offres non pourvues, ou par des candidats peu qualifiés. Aussi, même si le niveau de formation est l’un des plus faibles à travers le pays, la compétence est surtout pratique, et les recruteurs doivent aller au-delà du CV. En favorisant les mises en situation de travail, ils élargissent leur vivier de candidats et permettent à bon nombre de personnes de trouver un emploi à Marseille, luttant ainsi efficacement contre le chômage.

C’est seulement grâce à cette action collective et coordonnée que le marché du travail local pourra fonctionner de manière plus efficace. D’autant que les difficultés ne sont pas l’apanage de la cité phocéenne, pour travailler à Rennes aussi, il faut s’attendre à surmonter certains obstacles.

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